Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 05:07

 

 

 

 

J'ai commencé à fumer à l'âge de sept ans. Avec mes deux frères, on allait sur la route… les Américains passaient… on leur portait un tas de choses, quoi ! Des pommes ou… et ils nous donnaient des cigarettes. Et j'ai commencé à fumer en cachette. Mais on avait une réserve dans le grenier à cette époque-là !
Mon père sur la fin, il avait la carte de tabac, comme tout le monde, quoi ! Mais comme il ne fumait pas lui… mais  y' avait toujours un  paquet de cigarettes ou deux… Alors, moi le dimanche j'avais droit à une demi-cigarette ! Et mes autres frères qu'étaient plus âgés: ils avaient droit à une cigarette. A 7 ans, ouais ! Et… Je suis pas mort ! Maintenant j'en fume une par jour et des coups pas…

 

Bernard

 

 

 


Repost 0
Published by Serge Prioul - dans Paroles d'anciens
commenter cet article
30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 06:37

 

 

 

 

J’ai été deux ans dans les fermes. Parce que nous, on était 14 gosses. Tu sortais de l’école, ça y est : t’allais en ferme. T’allais pas chercher la place – l’avantage qu’il y avait par rapport à maintenant –   t’étais retenu… Les paysans ils venaient : « Est-ce que vous en avez un à mettre l’année prochaine ? – Oui !  – Bon ! On le prend, nous ! » C’est comme ça… c’était comme ça !

 


On était 14 à la maison ! 14 enfants ! Alors quand on arrivait à l’âge de 14 ans, c’était dans les fermes ! Il n’y avait pas 36 solutions ! Et alors… moi j’avais été au certificat d’études : le soir il fallait aller garder les vaches… il aurait fallu faire des devoirs ! Le paysan d’à côté… on arrivait… il avait demandé pour aller garder les vaches ! On allait garder les vaches… Si bien qu’au certificat d’études… et en plus il y avait la guéguerre à cette époque-là entre le public et le privé… alors le certificat d’études privées, là : on l’a tous eu mais le… le… laïque qu’ils appelait cela à l’époque… c’était la grosse catastrophe, quoi ! C’était ça, à cette époque-là… c’était comme ça !

 

Clément

 

 

 


Repost 0
Published by Serge Prioul - dans Paroles d'anciens
commenter cet article
29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 03:56

 

 

 

 

 

La construction du patronage… L’abbé qui l’a fait construire c’est l’abbé Tirel, c’est lui qui m’a baptisé… Mais je sais que mon père... (donc il est mort en 40…) c’était avant… On était à la Choletais. Il y avait la carrière à Levesque qui était juste à côté. Mon père transportait de la pierre des carrières pour construire cette salle-là. De temps en temps un tombereau de moellons…  Ça a été fait uniquement par des bénévoles. Et des dons.

 

Pierre

 

* Futur centre culturel Louvignéen (Voir Photo)

 

 

Louvigné 063

Repost 0
Published by Serge Prioul - dans Paroles d'anciens
commenter cet article
27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 06:20

 

  Louvigné 079

 

C’est le titre du spectacle que nous offre le Centre Culturel de Jovence à Louvigné-du-Désert

 

Hier jeudi et aujourd'hui vendredi 27 à 15 h sur la scène du Centre Culturel de Jovence, Marie Maison présente son spectacle « Botanique et vieille Dentelle », une adaptation de récits de vies qui parlent de plantes, d'amour et d'une vieille dame un peu bizarre.

 

Marie Maison, la conteuse, seule sur scène, et Gabrielle Reix ont écrit et mis en scène ce spectacle à l'occasion d'une résidence/création à Jovence.

 

C'est du beau, c'est du neuf, c'est gratuit et c'est bien dommage qu'il n'y ait pas plus de gens à faire l'effort de sortir au spectacle.

 

Allez, les Louvignéens, on s'arrache de devant TF1 !

 

Louvigné 090

 

Contacts : Marie Maison, tél. 02 99 17 14 40 ou Gabrielle Reix : 06 32 23 54 79.

 

 

Louvigné 074

 

Gabrielle Reix

 


 

Louvigné 095

 

Marie Maison et Gabrielle Reix

 

 


 

 


Repost 0
23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 05:16

 

 

 

 

 

 


 

Quand on chargeait de la mosaïque… Tout le monde chargeait : apprentis, tout le monde… Mais après ça a été les semis. (Ah ! J’aimais pas les semis !). Ça durait longtemps pour remplir un semi, alors on pouvait pas à mains nues, c’était pas possible, on a pourtant les mains dures mais on aurait eu le bout des doigts tout arraché…

… Si ça mouillait un peu, vous aviez plus de doigts ! C’était pas la coupure, c’était quand on balançait les morceaux dans le camion, ils nous fritaient sur le bout des doigts ! Et en une journée, ça y est le bout était rouché…

Eh ben ! On faisait des gants avec des chambres à air de bagnoles. On enfilait deux ou trois doigts dedans, on les coupait deux fois, on passait le doigt derrière… Si bien que le doigt, il se retrouvait derrière la bavette de caoutchouc… c’était surtout pour se protéger  le bout des doigts ! Le pouce, lui il faisait pas partie de la bavette, lui : Eh bien un bout de caoutchouc d’enfourné dedans (chambre à air de vélo) autrement quand tu faisais 2 jours, t’aurais eu les mains arrachées, hein !

Ah la saleté de mosaïque*!

 

 

Clément 

 

 

 

 

*Mosaïque : On appelle ainsi un petit pavé de voirie de 10cmx10cm. C'est le pavé Mai 68, d'un poids d'environ 2 kg. Un bon ouvrier en fabriquait 800 à 1000 par jour. Il y avait toujours sur les chantiers des carrières d'imposants tas de mosaïques

 

 


Repost 0
Published by Serge Prioul - dans Histoires de picaous
commenter cet article
18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 05:16

 

 

Georges Paris 28 9 2011 042

 

 

 

 

Faisant suite au classement depuis 2003 par les Archives Départementales des archives de l'Avenir, coopérative ouvrière née dans les années 20 à Louvigné-du-Désert, et qui a animé jusque dans les années 80, la vie professionnelle, mais aussi sociale et sportive du pays, un vaste programme de valorisation et d'animations se met en place sur Louvigné et son canton.


J'ai le plaisir d'y participer et d'animer pendant le printemps diverses manifestations : pour ma part, lecture d'un texte sur la vie d'un picaod*, exposition photo, conférence et écriture d'un article sur les collectages. Texte qu'on pourra lire dans l'ouvrage sur le granit à Louvigné publié par les Archives Départementales et le Conseil Général d'Ille et Vilaine.

 

Une plaquette des animations à venir va être éditée prochainement. J'aurai l'occasion d'y revenir plus en détail.

 

*Picaod : Terme Gallo qui désignait les tailleurs de pierre de Louvigné. On trouve ailleurs dans la région les vocables picotou, picotouere ou picou, picouere.


Je viens, pour ma part de changer l'orthographe que j'en donnais : picaoü (avant) , picaod (désormais).


Après discussion avec des spécialistes du Gallo qui m'ont expliqué qu'il y avait consencus parmi les linguistes quant à l'écriture de la syllabe "aou" - il y a suffisamment de discordances en la matière, inutile d'en rajouter... - je me range donc à l'avis du Petit Matao de Régis Auffray, bel ouvrage de référence, qui donne "picaod", pour tailleur de pierre.

 

 

 

Novembre 2011 176

 

 

Panneau trouvé dans une commune du département.  Chez nous, à Louvigné-du-désert, soi-disant Capitale du Granit, on semble avoir oublié l'histoire de nos si courageux tailleurs de pierre. Messieurs les élus, la balle est dans votre camp...

 

 

 


 


 

 

Repost 0
Published by Serge Prioul - dans Images du granit
commenter cet article
15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 07:12

 

 

 

 

 

Il y avait quatre pièces de canon de 155 long dans la cour. Et ils apprenaient à régler ça. Mais nous à la récréation on jouait au travers ça ! On jouait au travers les canons. On n'en faisait pas de cas…Et un bout de temps, ils avaient mis aussi des camions dans la cour et on leur faisait des farces, on faisait marcher les essuie-glace. En douce. On arrivait à monter. Les batteries évidemment… on s'est fait gronder.

 

 

Auguste

Repost 0
12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 05:48

 

 

 

 

 

Les bombes

 

Il y avait à ce moment-là un vieux camion qui avait été bombardé par les Anglais ou les Américains et à chaque fois qu'il venait un avion, ils le voyaient. Il a été mitraillé souvent. Du haut ils ne voyaient pas s'il était neuf ou s'il était vieux…

…Et moi j'étais chez ma mère en bas. On avait ramassé les verres pour ne pas qu'ils soient bombardés. On les avait mis dans le poulailler. C'était tout à fait ce qu'il fallait ! Les avions ont piqué…On était sous l'escalier et toutes les douilles tombaient sur l'escalier… Ma tante était folle.

 

Raymonde

 

Les évadés

 

Il y en a qui se sont sauvés de l'armée. Je me rappelle de M. S... Il était mobilisé. Il a trouvé quelqu'un qui lui a prêté un costume. Mes parents habitaient à côté d'eux à ce moment-là… Quand on l'a vu arriver personne ne l'a reconnu ! Il avait un costume rose !

Et j'avais un oncle qu'avait été déporté à Rennes, le père Léon… Eh ben lui, comme il n'avait pas de godasses - il' n'avait plus ! - ils donnaient des sabots… mais il'n avait un petit et un grand ! Alors le p'tit sabot il ne pouvait pas marcher avec, il boitait… Eh ben! Ils ont dit celui-là, il est malade, on le renvoie.

Il est revenu comme ça !

 

 

Raymonde

 

 

 

 


 

  

 

Repost 0
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 06:33

 

 

 

 

Parce que Papa, il jetait son chapeau, là où il tombait : Il allait !  Il est parti tout seul. Il ne savait pas un mot de français. Maintenant l'Italien, c'est courant. Tout le monde sait se débrouiller en Italien !  Mais à ce moment-là l'Italie c'était loin !

Ils étaient tout jeunes mariés. Elle était enceinte de moi. Il avait fait dire par un autre Italien : Tu dis à ma femme que je vais travailler à "Luvigny" ! (Mais ça ne lui donnait rien du tout à ma mère !)  Mais je lui enverrais de l'argent et c'est ce qu'il faisait.

 

Il était contremaître. Et c'est là qu'il a eut le plus de mal. Une fois qu'il a été un petit peu reconnu tout s'est arrangé ! Il a trouvé des gens qui sont devenus des amis intimes… 

Alors les Italiens se sont intégrés petit à petit.

Il n'y en a pas eu beaucoup à retourner chez eux.

 

 

Pierrette

 

Repost 0
Published by Serge Prioul - dans Témoignages
commenter cet article
4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 06:13

 

 

 

 

 

Martial, l’autre jour il nous a invités de ses noces d’or. Il m’a dit : Dis donc, tu étais témoin quand je me suis marié le premier coup, tu seras’core témoin à ce coup-là !

C’est notre neveu… et Lucien aussi et l’autre qui mène le corbillard de St Georges, c’est un neveu aussi et Robert… celui de Louvigné, c’est un neveu aussi, alors dis… je ne suis pas pressé de monter dans leurs voitures !

Je dis : vous me mettrez d'dans si vous voulez, parce que je ne monterai pas tout seul !

 

 

Jean

 

 


Repost 0
Published by Serge Prioul - dans Paroles d'anciens
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Louvigne-du-desert.over-blog.com
  • Le blog de Louvigne-du-desert.over-blog.com
  • : Des mots, des mots d'anciens, des mots populaires, des mots du quotidien, des mots doux pour dire que j'aime mais aussi des mots coups de gueule comme des cris... mais pas de mouton !
  • Contact

Recherche

Articles Récents