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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 05:51

 

 

 

 

C'est comme ça qu'autrefois on appelait le jour de l'An. Nous y sommes. Je souhaite donc à tous mes visiteurs une bonne année 2012. Une année riche en poésie, en vérité et en amitié.

Je veux remercier tous mes fidèles visiteurs et, si j'en croie les statistiques d'Over-Blog, ils sont assez nombreux, même s'ils se font discrets. Vu le peu de commentaires autour de mes humbles articles, j'ai bien failli arrêter ce blog, mais ce constat d'un certain nombres de visiteurs réguliers m'encourage à poursuivre.

Continuons donc à aimer le pays Gallo, tout ce qui s'y rapporte (je suis preneur d'anecdotes et d'histoires...), les choses d'autrefois et celles d'asteur.

 

Surtout laissez-moi de temps en temps un commentaire. En y répondant j'essaie toujours d'ajouter des explications qui ont pu manquer à l'article.

 

Et... bonne santé. "Quand la santé va, tout va..."

 

 

 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 06:25

 

 

 

 

C'était deux Français - on m'a dit c'était deux Algériens - qui devaient s'enfuir… - alors est-ce que c'était pendant la débâcle ? C'était après… ? Des évadés ? je n'en sais rien. Ils sont arrivés un soir à la Choletais. Ah ! Evidemment, personne n'en a parlé… mais… moi, j'avais 3 ou 4 ans, j'étais au courant. Je ne sais pas comment. Ma sœur qu'avait 5 ans de plus était au courant aussi. On  discutait entre nous… Les adultes n'en parlaient pas ! Il fallait surtout pas qu'on soit au courant mais on y était quand même !

Ils sont arrivés, je crois, dans l'après-midi. Visiblement ils cherchaient à fuir. C'était quand même l'armée Française, alors qu'on était occupé par l'armée Allemande,  ils ont été accueillis. Ils ont mangé. Ils ont passé la nuit dans une grange sans doute… Le lendemain matin, il n'y avait plus personne… Mais ils ont eu du pain, ils ont emporté de la viande, du cochon ? Je ne sais pas - on avait que du cochon, mais comme c'était des Musulmans sans doute… (?) Enfin ils sont partis, et ça m'est resté, parce que personne n'en parlait - surtout pas ! - et tout le monde était au courant !

Enfin, à la Choletais, il n'y avait qu'une ferme, pas de voisin ni rien ! Et c'est pas sur le bord de la route…

 

Pierre

 

 

 


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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 14:23

 

 

 

 

 

 

J’avais 20 ans en 39. J’avais passé le Conseil de Révision, donc on m’a appelé fin octobre, début novembre. J’étais affecté à Angers, au 1er Hussard. C’était un régiment de Cavalerie mais qui… devenait motorisé. Donc... on devait avoir des motos, tout ça. J’ai vu, dans cette période-là… c’est que les chevaux qu’on réquisitionnait – comme j’étais à la perception de Louvigné, je sais combien on en a réquisitionné dans le canton de Louvigné  : environ 1200... – qu’ils emmenaient dans les casernes. Alors… à Angers, il y avait des remises pour les chevaux, mais quand il t’arrive  1000 ou 1200 chevaux et que t’as seulement pas où en mettre 300, bein les autres ils étaient devant, ils les attachaient aux arbres. Tous les matins il y en avait trois ou quatre de crevés. Parce que… fallait leur apporter de la paille et du foin, mais des fois il y en avait pas, donc ils restaient là...  Ceux qu’étaient attachés auprès des arbres, ils rongeaient l’écorce… voilà. Alors tous les matins, ceux qu’étaient affectés à ça… ils ramassaient les crottes mais il fallait aller chercher des camions pour les transporter, pour les encaver quelque part...

 

 

Louis

 

 

 

 


 

 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 05:59

 

 

 

 

C'est un terme quand même spécial par ici, on pourrait dire "envoûté", c'est pas pareil… "Encrouadé", c'est autre chose quand même… on a jeté un sort ou quelque chose comme ça mais c'est spécial à la région.

Mais les gens y croient beaucoup ! Maintenant moins ! Il y a des choses très drôles qui existaient…

Quand on disait que quelqu'un était "encrouadé" il avait besoin absolument d'aller voir quelqu'un qui allait faire passer le sort. Il fallait faire appel à un "décrouadou" qui venait… C'était tout un cérémonial quelquefois…

Il fallait aller chercher quelqu'un… qu 'était pas d'ici de toute façon qui… connaissait quelqu'un d'autre et puis après  il fallait aller chercher de l'eau bénite, et je ne sais plus quoi. Et l'autre arrivait quelquefois… plus ou moins habillé en curé ou quelque chose comme ça … c'était tout un truc et puis il faisait des prières, il faisait le tour des bâtiments… - Parce que la plupart du temps c'était dans une ferme ! Si c'était des bêtes qui crevaient il faisait le tour de l'étable, si  c'était les récoltes qu'étaient mauvaises il faisait le tour du grenier… et puis il jetait de l'eau bénite, du sel… un tas de trucs… Oui, jusque dans les années cinquante*.

 

Pierre

 


 * Lundi dernier encore, quelqu’un me disait : « On dë être encrouadé ! »

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Published by Serge Prioul - dans Paroles d'anciens
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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 05:42

 

 

 

 

 

— Les gens apportaient les mottes de beurre au marché, avec des dessins dessus. Tout le monde faisait du beurre à l’époque, plus ou moins.

— Le beurre salé, il se garde mieux. C’est ça à l’origine. Pendant la guerre on faisait des machins hauts comme ça…dans des gros pots. C’était du beurre salé qui servait pour la soupe tout l’hiver. Du beurre de pot.

Et d’autres qui ne mettaient jamais de beurre qui ne mettaient que de la graisse dans la soupe.

 

 

Raymonde et Roger

 

 

 


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Published by Serge Prioul - dans Paroles d'anciens
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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 06:54

 

 

 

 

 

— Il y avait des femmes aussi. Des femmes Allemandes d'un mètre soixante dix, un mètre quatre-vingts…

 

— "Les souris grises", on les appelait comme ça ! Et le hasard a voulu… j'ai fait mon service militaire en Allemagne, deux ans. J'étais secrétaire du bureau de la place et dans le bureau d'à côté c'était une ancienne "souris grise". Elle parlait parfaitement le Français d'ailleurs.

 

        Ils parlaient beaucoup Français!

 

— C'était le personnel féminin. Elle avait une tenue grise, c'est pour cela qu'on les appelait…(souris grises) et elle avait une jupe quand même, un beau tailleur…

Et c'est rigolo, la dame que je connaissais, elle s'est mariée avec un Allemand qui a fait 15 ans de légion … chez les Français.

 

Raymonde et Auguste

 

 

 


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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 07:11

 

 

 

 

 

« Mettre la main sur le paletaot »

Synonyme: "axiper"

(Mettre la main dessus…)

 

« Se pâmer »

(s’évanouir)

On avait peur que les enfants se pâment

quand ils pleuraient trop fort.

Mais aussi :

Se faner, se flétrir, se ratatiner.

 

« Pari, qu'il n'a pas rappelé ! »

(N'est-ce pas qu'il n'a pas rappelé !)

(avec l'idée de : « on s'en doutait »)

 

« Petits patauds et les quatre pattes à la fois »

(Expression entendue mais un sens que j'ignore)

 

« S'en aller avec s'qu'on a comme patates de beuchées »

(Signifie qu’on va partir, qu’on va quitter une réunion, qu’il en est temps…

Expression encore très utilisée)

 

« Changement de pâture régénère le p’tit viau (ou le genisson) »

(S’emploie souvent pour évoquer le cocuage)

 

 « On va pas payer plus cher »

(Quand on veut justifier de s’assoir, par exemple…)

 

« Plus de paysans que de monde »

(Expression un peu péjorative pour

désigner une assemblée populaire)

 

« La Pécaille »

(Mélange de céréales, semées ensemble.

Orge, avoine…)

 

« Perdre la carte ou perdre le Nord »

 (Radoter)

 

« Perreyer »

(Pour piétiner un champ)

Mais aussi :

« Piloter, Pileter, Pitouler, petocher »

 

« Avoir un pet de travers »

(Etre dérangé, gêné pour un oui ou pour un non)

 

« La pétaode (ou pétrade) »

(La bruyère)

 

« Y'en avait… à pile patauds »

(Il y en avait énormément…)

 

 

« Ne pas être en peine de qui c'est… »

(Ne pas chercher qui c'est a fait ça)

 

« Piacher » 

(Manger bien décidé et en faisant du bruit)

 

« C’est l’vernis qu’est parti, la peau d’picaoü, elle est en-d’ssous »

(Le "picaoü" est le tailleur de pierre. L’apprentissage du métier est très dur

et les anciens n’avait, rituellement, que ce mot de consolation

lorsque un apprenti se tapaient sur les doigts et arrachait un bout de peau)

 

« La pieau comme une courrée de vieau »

(Littéralement : la peau comme les poumons d’un veau.

Se dit de quelqu’un qui est rouge par le froid, voire l’alcool…)

 

« Qui pigne, vit »

(Pigner : pleurer, geindre, se plaindre

 – Un pignard)

 

« Geler à pierre fente »

(Quand le gel est si intense qu’il pourrait fendre la pierre)

 

« Il ‘n'a pas été de pire »

(Cela ne lui a pas créé plus de problème…

Il n'a pas été plus mal, au contraire...)

 

« Un placu »

 (Un flatteur)

 

« On a vu mieux, on ne s'en plaignait pas »

(Veut dire qu'on a vu mieux)

 

Assis ta et fais une beurrée de pomë

(Assis-toi et fais une tartine de pommé (sorte de confiture de pomme)

(Expression pour souhaiter la bienvenue)

 

 « Je n'en voudrais ni pour pondre ni pour couver »

(Pour désigner – un peu trivialement – une  femme

avec laquelle on n’aimerait pas être en couple)

 

« On veille ‘cor pas d’porions ! »

(On ne voit pas encore de jonquilles, de narcisses – signifie aussi : blanc de poireau)

 

« La terre porte… »

(Quand le sol est gelé et très dur)

 

« Connaître le fond de la pouche »

(Connaître le fond de l’affaire, le fond du sac.

Mais aussi entendu : « Tu nous dépouches »

(Tu me laisses…)

« Il a dépouché sa bonne femme »

 

« Tout fait pouche ! »

(On prend de tout, on mange de tout.

tout élément ajouté rejoint le tout…)

 

« Faire des hontes à pouchées »

(Quand quelqu’un est ridicule ou qu’il nous déclenche la honte…)

 

« Pouffes, payer ses pouffes »

(Payer ses dettes)

 

« Une poulette »

(Ampoule à une main, à un pied…)

Mais aussi : « La poulette »

(Chénopode, grande plante qui pousse entre les rangs

de pommes de terre et de betteraves)

 

« C'est pas poussant »

(Trop sec, trop froid… Quand les cultures ne poussent pas)

 

Le Pout

(Autre nom du Chouan)

 

« Peler un poux »

(Etre avare à ce point…)

 

« Je fais un tour en me promenant »

(Je me promène. Pléonasme commun)

(On tourne autour du pot, c'est bien de chez nous!)

 

« Pas en presse… »

(On a le temps de faire les choses…)

 

« On f’ra la procession avec c’qu’on s'ra de monde »

(Expression encore très employée pour dire

qu’on n’est pas très nombreux mais qu’on va faire

quand même ce qui est prévu…)

 

 

 


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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 04:15

 

 

 

 


Eh ben ! C’était la belle vie, parce que maintenant tu travailles pas longtemps mais tu travailles comme un dingue. Tandis que dans ce temps-là les gens prenaient le temps de vivre. Voilà !

Comme y n’a un bonhomme qui me dit : « Tu vois père, avec tout ce que t’as là dans ta cour, ça qu’aura de la valeur que quand tu seras mort ! » Eh ben ! Il me r’montit le moral !

J’rencontre des gens qu’ont des conversations formidables, moi !

 

J’ai été beaucoup en déplacement dans le granit, et «  le désert* », ça nous fait tort. Il aurait mieux fait de mettre : « Louvigné en Bretagne » ou « Louvigné les granits » ! On m’a fait des réflexions : "dis donc ça doit pas être rigolo dans votre coin !"

 

 

 

                                                           Amédée 

 

 

 

* Pour les non-initiés, notre village s'appelle Louvigné-du-Désert et n'est pas dans le Ténéré mais à l'extrême Est de la Bretagne. Un no man's land avant la France (?)

 

 


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Published by Serge Prioul - dans Histoires de picaous
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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 05:48

 

 

 

   Les sabots, il n'y avait que ça.

 

—    Dans le temps il y avait beaucoup de sabotiers à Louvigné. Tous les Alison étaient sabotiers. Tous. Mon beau-père était sabotier et mes grands-oncles étaient sabotiers.

Dans la famille Gombert, ils étaient douze. Douze sabotiers. C'étaient des artistes.

Faut voir les sabots !

   Les tailleurs de pierre, ils tenaient le pavé entre leurs pieds avec leurs sabots. C'est pour ça qu'il y avait des gros sabots, en principe.

—   Il y avait des beaux sabots avec du cuir dessus. En principe ceux du bourg, les plus riches, ils avaient des souliers. On enlevait les sabots quand on courait, les chaussons ils perçaient après…

—   Les sabots avec les clous dessous. Quand les voitures sont venues, les gens ne

voulaient plus qu'ils se promènent avec les sabots. Parce que ça faisait crever les

voitures… Avec les maillettes*, oui !

 

Victorine, Raymonde, Roger

 

 

* Maillettes : Clous à grosse tête dont on ferrait les sabots pour les empêcher d’user.

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Published by Serge Prioul - dans Paroles d'anciens
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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 05:57

 

 

 

Mme B… (épouse d’un instit du public), elle allait à la messe tous les dimanches, mais quand M. le curé se permettait de critiquer l’école publique, elle sortait !

Et elle faisait le catéchisme !

 

C’est rien encore l’école, mais le football… la musique et le football !

On a eut un curé qui jouait de la musique. Il n’a pas été longtemps à Louvigné : il a été six mois. Il a été vite balancé. Il allait jouer au café S… dans la rue de St Hilaire, avec les musiciens… mais comme il était trop moderne, il n’a pas duré longtemps, lui !

 

Raymonde

 

 

 


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Published by Serge Prioul - dans Paroles d'anciens
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