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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 06:19

 

 

 

Expressions gallos du pays de Louvigné (suite)

 

N: 

 

 

« On en prend plus avec le nez qu'avec des pinces »

(Quand ça sent mauvais)

 

Noces: d'une table qui branle, on dit:

« ça sent les noces »

 

« Noir comme un chapeau »

(Je pense qu’il est question du chapeau de la cheminée,

mais, en effet, souvent, les chapeaux des femmes ou des hommes

étaient noirs)

 

« Niger »

« Il va faire bon être nigé »

(Niché dans son lit)

 

« Nijoler »

(On met les pommes à nijoler, c’est-à-dire

  à se conserver dans un endroit bien sec.

Quand elles sont archi-mûres, on dit qu’elles sont nijolées)

 

 

« La neige en attend d'aut’e »

(Prédiction météo quand la neige n’en finit pas de fondre)

 


O: 

 

« L'oraije frede »

(De l’orage froid – quand il éclaire ou tonne en hiver)

 

« Avoir l’oraije dans l’corps »

(Quand le temps est lourd, orageux,

  qu'on a trop chaud, qu'on sent l’orage,

à ne pas pouvoir dormir)

 

+ une expression liée à l’orage :

« Les vaches mouchent »

(les vaches galopent dans le champ, énervées par les moustiques,

On dit que c’est signe d’orage)  

 

« Je l'ai ouï dire »

(Je l’ai entendu dire)

 

« Faire des ouettes »

(S'endormir assis ; avoir la tête qui tombe de sommeil

Qui pique du nez comme une houette (petite houe, binette) 

 

 

 

 

 

 

 


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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 06:16

 

 

 

 

Je suis née de la Faverie. Saint Mars sur la Futaie.

La ferme. C’était difficile. Fallait tirer les vaches à la main. On avait 20 vaches. Mon mari puis moi, on faisait ça ! Fallait allë dans le champ. On avait chaque notre tracteur. On chëruait puis on extirpatë, mais il y en avait qui rouspètaient : ils disaient comme ça qu’on avait un vibro qu’était trop large ! 3 mètres ! On avait semé le maïs à grain. On avait acheté un plateau tout fin neuf ! J’arrachais les genets. Ils ‘taient plus gros que le bras ! Ils ‘taient haut ! Un hectare comme ça ! Parce que Papa et Maman ils ‘taient trop vieux pour s’occuper du terrain. Fallut avait soin de Papa, Maman, belle mère… On a bouaïné quand même ! Et on achetait tout ça à m’sure, les outils ! A m’sure !

 

Irène

 

 

Irène venait de la Mayenne. Elle avait un accent Gallo très prononcé. J'aimais beaucoup l'écouter parler. J'espère, un jour, pouvoir faire écouter directement sur ce blog les enregistrements dont sont tirés ces transcriptions.

Irène est morte à la Maison de Retraite, il y a quelques années.

J'aimais bien Irène.

 

 

 


 

 

 

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Published by Serge Prioul - dans Paroles d'anciens
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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 19:28

 

 

 

Ma sœur était à l’école privée. Mon frère était à l’école publique, mais quand j’ai commencé moi, ils avaient fait une école privée (pour les garçons) en 32, par là. Les prêtres sont venus demander à mon père – comme il était catholique pratiquant. Il a dit non ! L’ancien était là-bas, il s’est bien trouvé, on va continuer !

On arrivait à l’école, le matin. On montait l’escalier, la première classe, là  c’était M. B… on montrait nos mains comme ça, elles étaient sales, il foutait un coup de règle dessus ! C’était assez sévère.

 

                                                                       Roger

 

 

 

 


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Published by Serge Prioul - dans Paroles d'anciens
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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 05:36

M

 

 

« Des mains de beurre »

Des mains sans force, quand on laisse tout tomber.

 

« Maigre comme un "chuin" »

Expression de la Mayenne toute proche

S'agit-il d'une déformation de chueu (cheveu) ?

 

« Un p'tit vent maigre »

Quand le vent est froid, qu'il gèle de vent…

On dit aussi du vent (plaisanterie):

« Il fait un vent à écôner les bêus, et dire que mon bonhomme est dehô »

(Il fait un vent à écorner les bœufs, et dire que mon homme est dehors !)

 

« Le mâlaï »

(Le fumier)

 

« Remettre au mâle »

(Remplir, remettre à procréer)

 

« Ça ne mange pas de pain »

(Expression française très courante ici)

 

« Une grande boite de sardine,

on mangeait avec ça ! » dit ma mère

(On ne mange pas… ça

On mange …. avec ça)

 

« Ne pas manger gras »

(Ne pas manger à sa faim,

dans un cas de misère ou d'avarice)

 

« Marchand de sous »

(quelqu'un d'intéressé, d'avare…

mais avec l'idée de marchandage à tout va)

 

« Maudit »

(Un pauvre maudit : perd le sens de damné

pour celui de misérable, et plus que misérable : accablé, abandonné)

 

 

« Comme c'est mené ! »

Répond-on à la question: « Comment qu'ça va ? ou Comment va ? »

(Il y a de la charrette dans l'air !)

 

« Faire des micaods »

« micaoder »

(Faire des restes en mangeant, faire des miettes.)

 

« J'avais bonne mine ! »

(Je me suis trouvé ridicule)

 

« Un moment de temps »

(Une période de la vie, du temps passé…)

 

« Il y a du monde dans le bourg »

(Beaucoup de personnes à une manifestation)

On dit aussi avec humour :

« Y’a plus d’paysans que d’monde ! »

(Il y a plus de paysans que de beau monde)

 


 

 


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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 07:35

 

 

 

 

Parce que le fusil de mon mari était caché tout pendant la guerre et ressorti pour emporter à la mairie après la guerre - puisqu'on devait emporter les fusils mais ils nous les redonnaient peu de temps après - et alors un jour en revenant de chasse, au "château" où on habitait il l'a laissé debout sur la fenêtre à notre porte… et malheureusement il nous a été pris, quand on a ressorti, il n'y avait plus de fusil ! Et on était pas en peine, mais enfin bon, c'était toute une histoire d'aller porter plainte ! Accuser les gens ! Bon … Et cette personne elle est partie avec une grande valise comme ça le lendemain et parti pour le vendre à Fougères sûrement ! Voilà!

Alors on a recommandé un fusil à Manufrance, le fameux Robust.

 

 

Victorine

 

 


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Published by Serge Prioul - dans Paroles d'anciens
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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 05:11

 

 

 

 

 

 

Alors « Le Cardinal »  m’avait fait embaucher là-bas.

Il était dans les bons tailleurs. Il n’avait pas beaucoup d’instruction. Il ne savait peut-être pas lire et écrire non plus, lui. Mais il savait travailler.

Alors il me dit : tu viens tel jour, t’es embauché chez Philippe. Il m’avait expliqué  où il habitait, il dit : « Tu viens me trouver… »

J’arrive là-bas, au « Casse cou », les poules t’taient dans la maison !

 

Fallait trouver soi-disant cent francs pour acheter un mètre: on passe chercher un mètre chez la Véronique (le café du Planty) et les cent francs, ils ont resté là ! Et on n’a pas acheté de mètre !

 

Pierre

 

 

Ces "paroles d'anciens" sont des transcriptions d'entretiens effectués depuis des années en pays de Fougères.

 

 

 


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Published by Serge Prioul - dans Histoires de picaous
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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 07:02

Georges Paris 28 9 2011 013

 

 

Georges est un des derniers vrais tailleurs de pierre de la région. L'âge de la retraite a sonné depuis bien longtemps mais il continue à taper sur le caillou, "en dilettante" comme il dit. Pour conserver la santé par la force et aussi pour le plaisir. Car, lorsqu'il fait beau comme ces jours, là-bas dans son bois, rien n'est plus agréable que de caresser le granit avec les outils d'acier.


 

Georges Paris 28 9 2011 015

 

Là, il commence un appui de fenêtre, dans un granit de couleur mitigée, "ni gris ni bleu"

comme disent les picaoüs, de la pierre parfaite pour la restauration.


 

Georges Paris 28 9 2011 036

 

Derrière lui, un tas de moellons de construction.

Je lui en ai acheté un peu pour maçonner un mur.

Les pierres retouchées et mélangées à d'autres de démolision donneront

un aspect d'autrefois à mon travail.

Georges le vend 100 euros le mètre cube.

"Et on n'est pas à quelques moellons près !" ajoute-t-il.



 

Georges Paris 28 9 2011 003

 

La porte cintrée.

De dimensions modernes - je ne l'ai pas mesurée - mais à peu près deux mètres,

à la différence de celles d'autrefois qui culminaient à 1,60 m.

Prèvue pour, à l'occasion, supporter un double cintre.


 

Georges Paris 28 9 2011 005

 

Les angles sont taillés à l'ancienne.

 

Les jambages sont d'un très bel effet.

 

Pas de symétrie. Comme autrefois.

 

Avec une magnifique demi-boule, sculptée en bas du chanfrein.

 

Certes neuve, mais laissée quelques mois sous les éléments,

la pierre ne tardera pas à prendre un aspect vieilli.

 

 

 

Georges Paris 28 9 2011 007-copie-1

 

 

Georges vend cette porte cintrée 1400 euros.

C'est moins cher que la porte en chêne ou en alu qui sera posée à l'intérieur

et comme il le dit : "elle durera plus longtemps !"

 

 

Georges Paris 28 9 2011 038

 

Le chantier aussi est à l'ancienne.

 

 

Georges Paris 28 9 2011 041

 

 

Pour le contacter

Téléphone :

02 99 98 52 92

ou le

02 99 98 01 23

 

Georges Paris 28 9 2011 010

 

Et si vous voulez seulement aller le voir, n'oubliez pas d'emmener

"un coup de rouge" à boire

ou bien un café chaud

mais pas "un café de bonnes soeurs",

non un "miq"

avec "la choqiette de goutte" et tout et tout...

 

 

Georges Paris 28 9 2011 045

 

 

Quand j'vous dis que c'est un picaoü, un vrai !

 


 


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Published by Serge Prioul - dans Images du granit
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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 07:08

 

 

 

 

Plastiquement c'est réussi, mais il faut dire que du point de vue du tri sélectif, il y a à faire...

 

 

005

 

 

 

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Published by Serge Prioul - dans Des nouvelles du pays
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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 07:44

 

 

 

20 sous c'est un franc. Un franc… ancien. Et cent sous c'était cinq francs. Un franc ancien… c'est à dire un centime si on continue avec les francs nouveaux. Et on s'en servait aussi dans les fermes pour caler les armoires… Parce que dans les pièces sur terre battue, c'était pas totalement d'aplomb alors ils mettaient des cales en bois et pour finir de caler ils mettaient une pièce percée.

 

 

                                                                       Pierre

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Published by Serge Prioul - dans Paroles d'anciens
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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 06:33

 

 


 

C'est en mai qu'ils sont arrivés à Louvigné. Par la rue de Fougères. J'en suis certain. Parce que je pleurais comme un âne. J'étais en retard. Je ne pouvais pas passer tellement ça arrivait, ça arrivait. Et une sentinelle allemande, elle a vu que j'étais embêté parce que  je voulais passer pour revenir à la maison et elle a arrêté la colonne pour que je puisse passer. Ça c'est un souvenir inoubliable parce que moi je commençais à chialer, j'étais un gamin. J'avais quoi ? 7ans.

Une compagnie. 200 soldats, facile.

A l'école en bas, il y avait trois classes ou quatre qui étaient pleines, d'Allemands. Au moins.

Ils avaient leur matériel. Des lits gigognes en tube.

Il y avait des dessinateurs parce que les murs étaient blancs et ils avaient dessiné des… pour les gosses c'était un peu tendancieux. Mais on aimait bien regarder ça, ma foi !

 

 

 

Auguste

 

 


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