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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 07:52

 

 

 

A Mellé. On avait miné tout un champ, il y avait des boules partout ! Du superbe gris rouge ! Rouge et très très résistant, très dur. Avoir une boule uniforme, de la même couleur, c’est très difficile à trouver. Et quand tu' n’as une, t’es hyper’content quand tu fais ta coupe !

Pour les cheminées ou pour l’art. Tu vois  toutes les églises… qu’ont été faites en réglé, en gris… ils prenaient le beau gris pour faire le rang réglé et pour faire les sculptures…Le rang réglé : c’est du trente, bien droit ; des joints le plus plein possible : c’était cela dans le temps, les joints étaient aussi respectés que la face parce qu’ils n’avaient pas de ciment.

 

André

 

 

 

 


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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 04:50

 

-        Aux Roches, chez ma grand mère, c'était une fontaine, elle n'a jamais été couverte. Fallait aller à l'eau avec le seau… elle avait un fer à cheval pour se tenir, pour ne pas tomber. On se cramponnait pour enlever le seau d'eau… je m'en souviens encore, oui ! 

-        En campagne c'était des fontaines, beaucoup, beaucoup…

-        A l'Aunaie, à la limite de chez Tumoine et de Champion, au bord de la route, il y avait une fontaine et elle était marquée sur les cartes d'Etat Major. Et quand il passait de l'armée, qu'ils avaient besoin d'eau, ils venaient à la fontaine en chercher.

 

Victorine - Hélène - Auguste 

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 04:59

 

 

 

 

Un accident:

 

 A Mellé,  en rayant un bloc… en remontant… je rayais comme je savais que la feuille était là. Ça évitait s’il y avait un biais dans le bout que le bloc il dévie, quoi ! et que la bordure elle ne soit pas bien droite. Alors… sous la lunette : il a tapé dedans, un truc hyper brûlant, une étoile de deux millimètres…m’a perforé l’œil. mais comme je regardais bien en bas, ça a protégé le milieu de l’œil ; ça a passé dans le blanc de l’œil et ça a été se coller dans le…

Un morceau de ciseau à rayer qui aurait dû être trempé à l’huile et qui avait dû être trempé à l’eau et puis moi j’ai mélangé mes outils. C’est une erreur de manipulation. Mais on aurait dû le voir qu’il était trempé… à la trempe c’était pas pareil ! Mais il était retombé au maximum de la trempe : tu le mets en haut, c’est comme du verre ! J’aurais réussi à aller tout doucement, tout doucement j’aurais détrempé l’outil, quoi : deux trois rayures, quatre cinq rayures et puis après elle est usée, elle perd un millimètre. Mais tout frais comme ça… !

 

 

André

 

 

 

 

 

      

Un dimanche ordinaire:

 

Les artisans allaient forger le dimanche matin.

-        Quand on était artisan, on était artisan 7 jours sur 7 : le père allait visiter les carrières le dimanche avec ma mère. Il allait voir la carrière à untel… et c’était pas du voyeurisme !

-        … c’était : « Ah ! tiens il a fait ça… c’est bien pris. Oh ben, moi j’ferais pareil ! » pour faire toujours mieux ! « Il a de la veine, il a des beaux blocs ! »

-        « Je me souviens : si untel était là, c’tait bien content, on discutait un p’tit peu »

-        … «  un grand bloc comme ça, comment que c’est que tu le prendrais ? » et il y avait débat ! Et après c’était l’animation de la région. On en parlait…

 

André et Serge

 

 

 

 

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 05:55

 


 

Il y avait la « monnaie matière » qu’on appelait dans ce temps-là. Pour pouvoir avoir de la farine. On ne l’avait pas sans ça. Il y avait vraiment des personnes qui s’en fournissaient mais fallait avoir – c’est le cas de le dire ! – la ficelle pour attraper ces gens-là ! La monnaie matière. Des bons verts, oui ! Je ne sais plus de combien mais ils étaient VERTS ! On les appelait :  (tout bas) les billets Bochs ! C’était comme çà qu’on avait droit à 5 litres de vin par mois. Pour un travailleur de force. Pour un carrier, c’était pas beaucoup.

 

Le café : On était bien mal placé pendant la guerre, parce qu’il n’y en avait point ! J’ai vu chez mes parents griller de l’orge. On avait essayé les glands mais c’était pas si bon ! C’est qu’on en a connu des choses comme ça autrefois !

                                                                      

Anna

 

 

 

 


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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 08:27

 

Le "dix heures"

 

Ma sœur, elle s’était toujours demandé pourquoi Papa il appelait le réveil le « dix heures »  C’est parce que la grand-mère elle avait un train qui passait à 10 heures, fallait qu’elle ferme les barrières avant, elle mettait son réveil à sonner… Et les gosses étaient habitués : c’était pas le réveil, c’était le « dix heures » !

 

                                                           Janine 

 

 

 

 

La captivité et  la libération :

 

On n’avait que des lettres de… correspondance… ils avaient droit à 2 cartes-lettres comme ça… et deux petites comme ça… Alors pour tout le monde ! Et des fois c’était 3 ou 4 mois sans venir et quand je rencontrais le père Froger, il descendait faire sa tournée, je montais travailler… que ça faisait 2 ou 3 mois que je n’avais pas de nouvelles, je disais : « Père Froger avez-vous quelque chose pour moi ? » « Non ! » … Et quand j’arrivais le midi qu’il y avait une carte, par hasard, sur la cheminée… je disais : « le salaud ! » Je l’aurais mordu !

 

Georges est rentré le 6 juillet 45. Il n’avait pas où aller et fallait bien… On ne se connaissait plus, dame ! Ça  faisait depuis février 40 jusqu’à juillet 45 qu’on s’est pas vu…

 

                                                           Janine  

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 10:05

 

 

 

 

Le 8 mai 2011, à l'occasion de l'inauguration du Monument aux Morts restauré, la municipalité de Pipriac secondée par le Souvenir Français et en présence des associations d’Anciens Combattants et des OPEX - Soldats de France, rendait hommage aux morts pour la liberté. On y célèbrait la mémoire des tombés de 14-18, de 39-45, d'Indochine et d'Algérie. Ma mère et moi étions tout particulièrement invités en tant que parents de Francis Boursier, résistant mort à Pipriac en août 44. Je salue au passge mes cousins et petits-cousins, fils et petits-fils de Francis qui étaient présents dans nos coeurs.

 

 

Quelques images de cette cérénomie*

 

*Je demande pardon à mes lecteurs intéressés d'avoir autant tardé à publier cet article.

 

 

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Une délégation des élèves officiers de Coëtquidan. Hommage au Capitaine Francis Boursier des Forces Française Libres.

 

 

 

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Ma mère, Victorine, au centre, en compagnie de ma femme Régine et moi-même.

 

 

 

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Le menhir avec la plaque souvenir, à la Croix des Rosais, lieu de la mort de Francis.

 

 

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La tombe de Francis dans le cimetière de Louvigné-du-désert. Ouvrage réalisé par mon grand-père, Henri Prioul. Beaucoup de similitude avec le monument aux morts de Pipriac. Le grand-père était évidemment aux funérailles de son fils à Pipriac et on peut imaginer que ce jour-là il avait déjà décidé de le copier comme un hommage à Francis. Son corps fut, plus tard, rapatrié à Louvigné où il repose en compagnie de celui de sa femme, Fernande et d'un de ses fils, Fernand, morts respectivement en 1999 et 1997.


       

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 06:53

 

 

"Mets des cailloux dans tes poches, dans tes coffres. Tu seras riche en cailloux."


Je tire cette magnifique phrase d'un ouvrage qui vient de sortir, "Le Peuple des Carrières". C'est aussi le nom de l'association qui l'a écrit et publié. L'ouvrage est un "Voyage dans la culture granitière du Pays de Dinan". Il n'existait pas, à ma connaissance, de livre aussi exhaustif sur la taille du granit. Je salue le collectif, auteur de ce remarquable travail. Bien écrit, bien illustré et très bien documenté, on comprend que ce beau livre a été écrit au plus près des gens, des tailleurs de pierre, de leur famille, de la société dont ils étaient l'essence...

Un bel ouvrage, à commander aux éditions Apogée, un exemple de ce qu'il faudrait faire à Louvigné-du-Désert, quand, au lieu de Mémoire, on dépose des ordures dans les trous de nos souvenirs.

 

"Mets des cailloux dans tes poches, dans tes coffres. Tu seras riche en cailloux."

 


 


 

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 07:19

 


 

Pour ma basse cour il me fallait une poule de Barbarie. J'en trouve une au marché de St Hilaire. Au "petit marché" comme on dit. Dans ce coin où s'installent depuis toujours les petits producteurs des villages environnants. Vraiment, il faut avoir vu ça. Il y a là du Maupassant et du Flaubert. Rien ne manque, ni le pittoresque des animaux et du langage, ni les visages, les allures, ni évidemment les calculs et les petits commerces…

En plus de quelques poulets et d'un panier d'œufs, ce brave normand vend aussi trois lapins "mâtinés" garennes comme on a coutume de dire ici. A huit euros pièce - après marchandage - j'en prends deux. Et comme je voudrais mâle et femelle pour "rapporter", nous nous engageons l'un et l'autre dans l'expertise nécessaire. Le bonhomme, d'un geste habitué, maintient dans une pogne les pattes arrière de l'animal dont la tête est serrée entre ses cuisses. Alors entre pouce et index il offre à la connaissance le sexe de l'expertisé.

        Une femelle !

        Un mâle !

… Et hop, dans la boite pour le transport !

Le troisième est encore un mâle. J'hésite un instant puis  je le refuse.

On remballe donc et l'homme glisse l'animal par la minuscule ouverture dans la vieille cage de grillage. Hélas, mille fois hélas, surtout pour ce pauvre lapin qui quelque part devait savoir que j'aime les histoires de Normand, il s'éventre contre un morceau de ferraille qui dépasse. Tripailles à l'air, sous les yeux horrifiés d'une pauvre dame venue chercher du pittoresque !

        Je l'ai baisé !

Fait le bonhomme en ressortant illico l'animal de la cage.

        J’n'ai plus qu'à le garder pour moi…

Et avec le même sang froid que tout à l'heure, il assomme tant bien que mal la petite bête toute recroquevillée sous les yeux eux, de plus en plus écarquillées de la dite dame qui, hélas, n'avait pas encore  tout vu.

Car voilà le gaillard qui prestement sort de sa poche son couteau, en déplie la fine lame et sans façon éborgne l'animal.

Parce que, étant enfant j'ai déjà "vu faire", j'imagine bien plus le geste que je ne le  vois car le lapin dont je ne parie pas sur l'anesthésie est déjà glissé au fond du carton que, sans un mot, lui tend sa femme.

Reconnaître au bourreau et à son aide leur professionnalisme ! L'animal a disparu et saignera comme il se doit.

La dame s'est enfuit.

Je n'ai pas lâché la poule de Barbarie.

 

Je regrette un peu…(?)

Mais non, deux mâles se seraient battus !

                                                       

                                                       

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Published by Serge Prioul - dans Nouvelles campagnardes
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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 12:51

 

 

 

 

Lettre conjointe à Louvigné-Communauté, la mairie de Louvigné-du-désert et celle de Saint Georges de Reintembault

 

 

M. le Président de la Communauté de communes, Mes. les Maires, Mmes et Mes. les Conseillers,


Nous voudrions par la présente vous faire part de notre réprobation quant à la venue (et la réception) d'un évêque catholique dans des locaux municipaux ou des structures publiques intercommunales.

 

Qu’un représentant de l’église catholique rencontre des personnes dans le cadre de visites pastorales est une chose qui relève du domaine privé mais que ce même évêque, dans le cadre de sa fonction, intervienne dans un établissement public comme la maison de retraite de Saint Georges de Reintembault nous semble déplacé. Nous nous interrogeons par ailleurs sur les motivations de ce choix, sachant que d’autres Maisons de retraites sont gérées par des structures privées.

 

Nous voudrions également et tout particulièrement pointer du doigt sa venue au sein de l'école de musique cantonale et laïque, devant un public jeune et particulièrement sensible à la propagande.

 

En troisième lieu, nous voudrions faire remarquer que la tenue d'une réunion à titre confessionnel à la salle des fêtes, ancienne Maison du Peuple – « fruit du travail des hommes » les granitiers syndicalistes  –  est également à la fois une atteinte aux valeurs laïques des lieux, et un outrage aux fondateurs de cette Maison. La mise à disposition d’une autre salle eut été, sans aucun doute, plus habile et plus respectueuse.


La laïcité, devons-nous le rappeler, est le fondement de notre République ? Laïcité, souvent galvaudée et particulièrement mise à mal en ce moment par diverses attaques de sectes et d’organisations de tous poils. Laïcité que d'autres, dont nous sommes, se battent pour conserver les valeurs intactes.


 
En vous remerciant de nous avoir lus, et occasionnellement d'en tenir compte, veuillez croire, Mesdames et Messieurs les élus, en notre profond respect républicain.

 

 

Alice Damay-Gouin et Serge Prioul – le 30 mai 2011

 

 

 


Nb : ce courrier est aussi adressé aux médias locaux pour avis de droit à la population.

 

 


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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 06:37

 


Mes tantes, elles étaient couturières, elles allaient travailler avec la Comtesse de Lariboisière.

On allait à la pêche tous les dimanches… parce que le comte de Lariboisière il donnait l’autorisation d’aller pêcher. On pique-niquait, c’était sensationnel ! Tous les jours les allées étaient ratissées et tout ça…

Tout le monde avait droit d’aller à la pêche. Il y avait un concours tous les dimanches.

J’allais à l’école: Je le vois encore sortir de la voiture… (le Comte) : il avait une grosse voiture. Il avait un ventre comme ça… eh ben pour le sortir de la voiture c’était pas drôle ! Il venait chez le notaire G… souvent, souvent…

 

Je me rappelle encore de la vente au Château de Monthorin, tous les meubles avaient été mis en vente. Il a vendu toutes les chambres, tout ! C’était avant mes douze ans – je suis née en 28 alors c’était juste avant la guerre !

 

Raymonde

 


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