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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 07:40

 

Dans le cadre de la semaine du Gallo, j’animais hier une rencontre débat au Centre Social de Louvigné-du-Désert. Une quarantaine de personnes, retraitées pour la plupart, était présente. Je note entre autres quelques nouveaux habitants de Louvigné, venus se retirer en Bretagne, et quelques personnes également d’autres communes du pays de Fougères ; les uns et les autres avides de connaître les traditions et les parlers de notre petit coin du pays Gallo.

Je ne me présente jamais comme un spécialiste du Gallo, ce que je ne suis pas, mais comme un collecteur passionné par les histoires de vie, le quotidien des gens, et le parler populaire. Ce qui m’intéresse particulièrement dans le Gallo est ce qu’il en reste dans la langue de chacun. Voilà le credo qui rythme toujours ces animations !

Et il faut reconnaître que cela fonctionne : tous s’amusent à rechercher dans leurs mémoires les expressions que j’évoque. Formules et vocabulaires collectés ici en pays de Louvigné, habitudes langagières des picaous, des paysans et des artisans du bourg. On cherche où commence le Gallo, où finit le Français, on m’interroge sur un mot, je ne sais parfois répondre, si ce n’est, Dame, qu’il soit là, et qu’on le dise !

Quelqu’un dit : qu’il a mangé la Barbe à Robert ou bien raconte les histoires des Chiens de Noce, puis on rit des bonnes femmes baloches, des chie en hennes ou des ragouts de courée de viau !

Quelqu’un ajoute : en Français ça paraît grossier, en Gallo ça passe ! Oui mes amis ça passe, et ça passe aussi le temps !

Et puis tant mieux encore si vous êtes arrivés ici en parlant le patois et que vous repartez en caouzant Gallo !

 

Semaine-du-Gallo-2014-170.JPGJ'aime ces échanges : un bon moment pour moi aussi !

 

Semaine-du-Gallo-2014-172.JPGUn public attentif et ami dans cette magnifique Salle de la cheminée du Centre Social.

 

Semaine-du-Gallo-2014-174.JPGOn a bé du dë

et guère de jeu !

Disais-je

Eh non : nous n'avions pas de mal

et bien du plaisir !

 

Semaine-du-Gallo-2014-174--2-.JPGEt ma petite Maman

bien attentive

retournant là-bas dans les souvenirs

de son enfance

en 1920 !

 

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Published by Serge Prioul - dans Des nouvelles du pays
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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 07:46

Je reproduis ici mon propos pour les intéressés par l'histoire du granit. Le débat a été filmé et sera visible sur le site Européen des Archives Départementales.

Archives Départementales 028

 

Pour introduire mon propos sur ce collectage autour de l’histoire du granit en pays de Louvigné-du-Désert, auquel je me livre, je citerai deux auteurs : tout d’abord Jean Guéhenno, notre écrivain académicien de Fougères, lui-même fils d’un ouvrier de la chaussure qui écrivait :

 

« J’ai souvent pensé que la plus grande et la plus émouvante histoire serait l’histoire des hommes sans histoire, des hommes sans papiers mais elle est impossible à écrire. Ils sont passés comme des troupeaux d’ombre sur les chemins de la terre et l’on y chercherait en vain la trace de leurs pas. »

 

 

Puis un chercheur de Rennes 2, également originaire de notre pays de caillou, Christian Leray qui dit :

 

«  Tout être humain saisi dans ses gestes quotidiens est en quelque sorte un site archéologique. »

 

 

La transformation radicale de nos sociétés campagnardes impose depuis quelques décennies la nécessité d’une préservation de cela qu’il est désormais d’usage  d’appeler « patrimoines immatériels ». Dans chaque village, sur chaque territoire, dans toutes les villes, il s’agit dès maintenant – et dans l’urgence – d’initier ou de poursuivre le travail de collectage de cette mémoire du quotidien qui animait le pays et l’identifiait.

 

Il s’agira ici du labeur paysan d’autrefois, là des anciennes industries disparues, à Louvigné-du-Désert ce fut en l’occurrence l’activité exceptionnelle, quasi passionnée qu’engendra, depuis le début du XXème siècle principalement, l’extraction et le travail du granit.

Si toutefois il perdure dans de nombreuses entreprises de la région, celui-ci a perdu l’aspect fondamental et culturel par lequel s’affirmait la société locale toute entière.

 

En 2005 donc, persuadé depuis longtemps, qu’il faut valoriser cette grande aventure ouvrière et sociale qu’a vécue le pays de Louvigné-du-Désert et ses environs, dans le cadre d’un projet d’animation, je décidais de rencontrer les tailleurs de pierre et de les inviter à me raconter leur histoire.

 

Quelques dizaines d’anciens tailleurs de pierre vivent encore. Epinceurs, paveurs, débiteurs, extracteurs et tailleurs, patrons artisans ou bien ouvriers des grandes carrières, ils formaient ce qu’il était convenu d’appeler « les picaous ». Des hommes fiers, robustes quoique éprouvés par le travail, adroits et désormais désireux de transmettre aux générations futures, à défaut de leur savoir-faire, l’histoire de leur métier, de leur vie pleine et active au service d’une activité plus souvent vécue comme une passion que comme une contrainte.

J’en ai donc rencontré beaucoup et je continue à le faire. Chez eux, le plus souvent, avec un accueil chaleureux, sur leur ancien chantier parfois, l’outil à la main lorsque leur santé le permettait. Passés les premiers instants d’interrogation sur ma démarche et la récurrente réflexion «  Oh bein, tu sais, nous les picaous, on n’a pas grand-chose à dire ! », nous nous engagions simplement sur les souvenirs les plus présents. Nous parlions alors de la vie dans les carrières, de l’extraction qu’il fallait entreprendre avec intelligence, des dangers de la mine et des fonds de trous, des belles œuvres dont ils étaient fiers, de tout ce travail qui avait fait leur vie, celles de leurs pères presque toujours mais aussi l’existence entière de leurs épouses, toujours parties prenantes dans  une démarche artisanale, par exemple. Epouses qui la plupart du temps participaient à la rencontre en l’alimentant de remarques sur la vie quotidienne difficile des familles, sur l’ambiance sociale et l’amitié des gens.

 

Avec le même élan, la même envie de transmettre, tous ont accepté d’être enregistrés, photographiés ou filmés. Et au fils de picaou que je suis, tombé tout petit dans la poussière des baraques, ils se sont peut-être confiés davantage. Engagés qu’ils y étaient par un langage spécifique, des expressions de terrain, une certaine connaissance du métier et surtout une passion pour le granit que je m’efforce toujours de communiquer.

Les picaous m’ont évoqué leur vie mais aussi livré les souvenirs qu’ils avaient de leurs pères, des carrières primitives, du travail sous « les haïches »*, directement dans les champs… Ils m’ont expliqué comment ils ont ainsi façonné le paysage. Ils m’ont dit ce que doit le travail du granit à l’arrivée massive, entre les deux guerres, des travailleurs Italiens qui, aussi, par le sang et la culture, ont transformé la société Louvignéenne. Ils se sont rappelé leur pénible apprentissage, l’enseignement souvent exigeant des anciens, l’arrivée des techniques plus modernes, des aciers nouveaux, et du travail facilité qui s’ensuivait…

 

Ces entretiens  m’ont permis de rencontrer de façon individuelle une trentaine d’anciens tailleurs de pierre parmi les plus emblématiques mais aussi les mieux disposés à parler de leur vie. Cela représentant plus d’une centaine d’heures d’enregistrements. J’ai pris également de nombreuses photos du travail traditionnel tel qu’il se pratique encore et enregistré quelques films.

 


 

 

Archives Départementales 024

 


 

Il reste beaucoup à faire, et dans l’urgence, car les populations vieillissent. Des thèmes souvent abordés restent encore à développer. Je citerai pour mémoire : le grand bouleversement du paysage ; paysage autrefois parsemé de nombreux chaos rocheux, les histoires relatives aux grandes carrières et leur pendant malgré tout plus social, l’artisanat, le granit pendant la guerre, avec la construction du fameux Mur de l’Atlantique par l’entreprise Allemande Todt, mais aussi la mise à l’abri du travail obligatoire en Allemagne le STO, de beaucoup d’hommes du pays que de nombreux patrons joignaient à leurs listes d’effectifs même s’ils ne connaissaient rien au travail du granit, l’après-guerre aussi et la reconstruction de la France, période faste pour Louvigné, le phénomène coopératif, comment il transformait le quotidien des ouvriers, comment l’immigration massive Italienne a révolutionné le travail par l’apport de nouvelles techniques, sans oublier d’évoquer toutes les autres nationalités qui, à un moment ou à un autre, se croisèrent dans les carrières : Portugais, Espagnols puis Turcs, parfois Tchèques, Belges, et d’autres encore…, resterait aussi à aborder tout ce qui touche au beau travail, ou aux grands travaux : la reconstruction des ponts de l’après-guerre ou des villes détruites, les monuments en hommage aux victimes ou aux grands hommes, parler des meilleurs ouvriers de France et cette tradition du travail bien fait et des maîtres-ouvriers dont il ne reste plus que quelques représentants dont il faut absolument – et je mets l’expression entre guillemets : « archiver  le savoir-faire », faire témoigner aussi de l’ambiance dans les chantiers, des baptêmes des apprentis, des fêtes régulières, de l’alcoolisme qui faisait des ravages, et dans un registre similaire des accidents et de la dureté du travail, qui jusqu’à nos jours, des décennies plus tard emporte encore au cimetière une majorité de picaous atteints par la silicose des poumons…

 

Les témoins de cette époque sont encore là et, comme je me plais souvent à le faire remarquer : partout, dans le quotidien de l’homme, la petite histoire de chacun frôle la grande Histoire de l’humanité et y participe. Voilà une évidence, certes, mais qui, régulièrement se manifeste auprès du collecteur.

 

Quand on évoque le collectage, on pense donc aux plus anciens, mais il est bon de prendre conscience que chacun de nous est porteur d’histoire, et que donc, pour raconter cette longue histoire du granit à Louvigné, s’impose aussi la nécessité de rencontrer des plus jeunes qui sauront parler de transition et qui, pour les générations futures, seront tout autant porteurs d’histoires.

 

 

Je me suis livré également à une autre collecte, qui peut paraître plus anecdotique, mais qui me tenait à cœur  car elle illustre bien les mentalités de l’époque, celle des surnoms. Surnoms dont on baptisait les ouvriers dès leur période d’apprentissage et dont tous, du simple terrassier au patron carrier, voire à la patronne, étaient affublés. Surnoms pas toujours bienveillants et plaisants mais qui nous décrivent là encore tel ou tel caractère, tel ou tel personnage. En exemples, je citerai « le Cayenne » venu du compagnonnage, « le Pachu » qui signifie rustre en Gallo, « le Frisé », un Italien évidemment, ou bien encore « le vieux Pas » qui terminait toujours ses phrases par un légendaire « n’est-ce pas ! », et qui n’était autre que mon grand-père… J’ai ainsi répertorié 190 surnoms d’hommes et parfois de femmes du pays, mais il en existait sans aucun doute bien d’autres qui s’en sont allés rejoindre l’oubli. Effectuée  depuis 8 ans seulement, j’ai d’ors et déjà conscience de la valeur de cette collecte en particulier, car les témoins principaux qui me renseignèrent ont  presque tous disparus.

 

Collectage. Collectage donc, dans la réflexion et l’urgence, mais qui allait de paire avec une valorisation qui m’apparaissait aussi nécessaire qu’essentielle.

 

Je rappellerai au passage que je ne suis pas un historien mais un animateur, et qu’à ce titre, même si j’ai toujours recherché la vérité, j’ai aussi accepté la part de légende qui m’était proposée dans ces divers témoignages, témoignages d’humains qui, doit-on le rappeler, laissent toujours filtrer dans leur mémoire émotions et brumes du souvenir.

 

C’est donc dans un esprit de reconnaissance et de fidélité aux témoignages, bien plus que de recherche de la vérité historique, que je me suis appliqué à transcrire mes entretiens avec les picaous.

J’apprenais beaucoup, et dans le silence du bureau j’avais aussi grand plaisir à réécouter ces voix, amies pour la plupart, dont il restait tant de l’écho de ces carrières qui ont bercé mon enfance. Sont donc nées des pages et des pages d’écriture, au plus près du langage, du parler Gallo, des expressions de terrain, des anecdotes, des confidences parfois qu’il faudra savoir traiter avec toute la pudeur nécessaire…

Ces écrits, par la suite, m’ont donné matière à des adaptations pour des lectures sur la vie des tailleurs de pierre.

Dans un journal local, m’entrouvrant ses colonnes, je fis également paraître régulièrement de brefs témoignages incisifs sous le titre « Paroles d’anciens ».

Plus ponctuelle, une émission de radio, vit également le jour.

 

Autant d’actions simples et relativement faciles à mettre en œuvre dont l’effet sur la population fut immédiat et mémorable : 

 

Il suffisait de se promener en ville pour goûter le plaisir d’entendre les gens formuler tantôt une remarque, tantôt une appréciation, ici un souhait éventuel, ou là une reconnaissance amicale pour toutes ces initiatives qui évoquaient leur passé et affirmaient ainsi leur présent.

 

J’ai la chance, je le répète, de connaître beaucoup des tailleurs de pierre de la commune. Et, d’une famille de granitiers, d’avoir appris un peu le métier, donc de pouvoir contacter et interroger plus facilement les picaoüs en me tenant au plus près du sujet.

 

 

 

Archives Départementales 030

 

Ainsi donc, fort de ces enseignements nouveaux et de mes connaissances plus anciennes, dès 2005, je commençai à préparer une exposition photos de sites naturels ou patrimoniaux, de gestes, de travaux remarquables, de traces d’extractions ou de bâtis particuliers… Cette exposition qui, de nombreuses fois, a été montrée en pays de Fougères et sur Louvigné, s’est étoffée au fils du temps de paragraphes retranscris « mots de picaous » ou « paroles d’anciens » qui, en guise de légendes, accompagnent tels ou tels clichés. Toujours partant de ces acquis de collectage, et avec un vif plaisir, j’anime également un débat explicatif avec les publics intéressés.

 

Voilà donc, et on m’en fit souvent la remarque, enfin reconnus et appréciés, tous ceux qui jusque-là m’avaient interpellé sur le nécessaire devoir de mémoire, devoir de conserver leur histoire, leurs témoignages voire leurs outils et leurs techniques et qui déploraient qu’il en fut fait si peu de cas.

 

J’aurais aimé rencontrer plusieurs fois chacun des tailleurs de pierre et, partant de l’écriture et de la relecture des premiers témoignages, relancer les discussions, élargir les débats, aller chercher la petite histoire au plus loin… Ce fut le cas parfois, mais hélas, le temps m’a manqué. Malgré tout je suis resté en contact avec nombre d’entre eux et je continue mon action. Ainsi au printemps 2013, à la Granjagoul, puis-je compter sur l’intervention de deux des derniers maîtres ouvriers. Nous prévoyons de donner une dimension éducative à cette démonstration de travail dont il s’agira, également, de conserver la trace.

 

 

 

Dans un avenir proche ou plus lointain, mon œuvre de collectage associée à celles d’autres intervenants offrira matière à d’éventuels travaux de valorisation et de recherche qui, d’ors et déjà, s’avèrent possibles. Les matériaux étant là, qui évoquent l’histoire du granit et du quotidien de la société Louvignéenne.

 

 

C’est donc ainsi que j’ai voulu œuvrer : regarder l’homme dans ses gestes quotidiens et, ainsi que le dit Christian Leray, conserver les traces de leur pas telles celles d’un site archéologique – et nous rejoignons bien là, la notion de Patrimoine Immatériel.

 

Si je n’ai pas couvert tous les objectifs que je m’étais fixés, par exemple rencontrer tous les tailleurs de pierre, je suis néanmoins parfois allé bien au-delà. Je pense, en outre, avoir atteint ces finalités envisagées qui me tenaient à cœur,  à savoir l’affirmation d’une identité humaine et territoriale et l’engagement de la réflexion sur les valeurs patrimoniales liées à cette identité. La récente exposition des Archives Départementales sur la Coopérative l’Avenir et la prise de conscience, quant à ce patrimoine à préserver, qui semble s’en être suivi à Louvigné-du-Désert, ne donnent que plus de crédit à ma démarche initiale et ne peuvent qu’éveiller heureusement de nouvelles vocations de collectage et de valorisation.

 

Je m’attache à continuer ces rencontres car il reste beaucoup à faire, mais le seul fait d’avoir œuvré en ce sens est vécu par les tailleurs de pierre comme une juste reconnaissance de leur beau métier et du difficile travail d’un matériau éternel et exemplaire.

 

 

Pour terminer, je ferai cette remarque : Ailleurs, en d’autres lieux et certainement, avec d’autres publics… il y aura toujours matière à collecter et à valoriser. Toujours ! Pourvu qu’il y eût des hommes et leur histoire !

 

De tels projets d’animation peuvent s’inscrire dans tous les territoires ruraux. Il s’agit de les adapter en fonction des constats, des besoins, des sociétés, des hommes sur ces territoires…

 

Je reste persuadé des valeurs intimes de chacun, des richesses humaines du patrimoine paysan et ouvrier.

Il y a beaucoup à défricher dans ce quotidien qui, comme je n’ai cessé de le constater pendant cette période d’animation, rejoint si souvent la grande histoire.

 

 

Anecdote qui n’en est pas une : je me suis senti soutenu bien au-delà de mes espérances par Mme Aurélie Javelle, docteur en Etno-Ecologie que je salue à nouveau et qui s’est, dès cette époque,  intéressée à mes travaux, car elle aussi, au niveau universitaire n’avait de cesse de faire reconnaître les valeurs culturelles liées au quotidien du paysan, de l’ouvrier et des territoires ruraux

 

Un autre universitaire Jérôme Cucarull, historien spécialiste du monde industriel en Bretagne qui, lui aussi, m’encouragea,  évoquait à propos de Fougères la nécessité de redonner la place qu’elle méritait dans la mémoire officielle à l’industrie de la chaussure qui avait fait vivre la ville pendant presque un siècle.

« Nous vivons une période cruciale. Les gens qui peuvent raconter disparaissent tous les jours. Que va-t-il rester de la mémoire de la chaussure ? » Disait-il en avril 2005.

 

 

 

Je terminerai comme j’ai commencé en citant d’abord mon ami Marc Weymuller, un cinéaste qui, dans ses documentaires s’attache à capter le quotidien. Parlant de son dernier film, il tient ce propos qui illustre bien sa préoccupation culturelle :

 

« En approchant une réalité locale très spécifique, le film exprime aussi un facteur commun propre à tous les pays d’Europe : celui d’une mémoire qui se perd, de génération en génération, sans parvenir à s’exprimer vraiment ou à se transmettre. »

 

Et en citant également –  ce sera le mot de la fin -  Louis Malassis (Membre de l’Académie de l’agriculture de France) encore un habitant du pays de Fougères, disparu il y a quelques années :

 

« Mon grand-père gardait très présent à la mémoire le souvenir de la servitude (…) Je regrette aujourd’hui de ne pas avoir su l’interroger sur lui et son temps, mais les jeunes savent rarement le faire. Ils ont le regard tourné vers l’avenir, les « vieilleries » ne les intéressent pas, et les discours sur le passé les agacent souvent ! Cela devrait faire partie de notre système d’éducation : comment apprendre l’histoire et le combat des « anciens » en sachant leur poser les questions, et les écouter. »

 

N’attendons pas d’avoir des regrets !

 

 

*Haïches : Abris rudimentaires à claire-voie, construits le plus souvent en rondins et en genêts où les tailleurs de pierre, jusque dans les années cinquante, s’abritaient des éléments. Elles furent petit à petit remplacées par des baraques en tôles et planches.

 

 

Archives Départementales 032

 

Sabrina Dalibard attachée au Conseil Régional

qui intervenait pour parler du recensement

du patrimoine bâti orchestré par le Conseil Régional

 

 

Archives Départementales 033

 

Joseph Bordini 

Président de l'association Louvignéenne d'Histoire Locale et du Patrimoine

 

 

Archives Départementales 029

 

Eric Joret

Responsable des Archives qui nous accueillait.


 

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 05:07

 

 

 

C'est quoi ?

 

Un p'tit bar sympa et bien accueillant qui s'appelle "Le Flore". Pour l'heure uniquement bar, mais au devenir de brasserie d'ici quelques temps.

 

Bar à louvigné 006

 

C'est où ?

 

A Louvigné-du-désert, "le Flore"  remplace "le JD" rue du Maréchal Leclerc, la rue qui mène au Marché.

 

Bar à louvigné 007

 

C'est comment ?

 

C'est grand, confortable, tout en bois chaleureux avec des belles tables de menuisier. Lumineux aussi avec une grande baie pour laisser entrer le soleil, regarder tomber la neige et mater les passants (comme on aime).

 

C'est pas cher - le café un Euro, le perrier 1,80 Euro, la bière j'ai pas noté !

 

Bar à louvigné 012

 

C'est qui ?

 

C'est Sabrina qui nous accueille. Elle parle, elle sourit, elle est jeune et jolie, habituée au commerce et pleine d'envie de travailler.

 

Bar à louvigné 008

 

Je souhaite longue vie à ce bistrot et bonheur à Sabrina.

 

 

 

 

 

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 07:08

 

 

 

 

Plastiquement c'est réussi, mais il faut dire que du point de vue du tri sélectif, il y a à faire...

 

 

005

 

 

 

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 21:52

 

Article déjà paru dans mon autre blog littéraire : http://s.prioullescoudrettes.over-blog.com

 

 

Je suis très occupé à travailler sur la maison que ma fille, Chrystelle, a achetée près de la forêt de Fougères ; un endroit rêvé, appelé la Croix Janvier, à 200 mètres des sous-bois par un mignon tout plein petit chemin de terre.
Mais le travail fait mal aux mains ! Les outils du tailleur de pierre et le ciment du maçon qu’il ne faudrait pas tripoter… et le granit dur, lourd, rugueux, tranchant… (mais pas ingrat) qui fait de la résistance sous l’outil et « délie bien les reins » comme disait mon frère, tailleur de pierre, un vrai, lui...
Dans mon rapport au granit, à cette pierre de chez nous, il y a comme une complicité quasi sensuelle et très poétique. J’aime toucher un granit brut ou travaillé, en caresser un poli, usé par le temps, le pas ou les outils de l’homme. J’aime aussi, tailler, transformer ces pierres, bâtir pour longtemps avec ce « caillou » comme disent aussi les tailleurs de pierre de la région.


Et il n’en reste plus guère de ces « picaoüs » (langue gallo : de « pique caillou »). Un des derniers, à Mellé, dans le canton de Louvigné-du-désert, Louis Claude Guérin, m’a vendu pour poser sur des grandes baies, deux linteaux (« palâtr » en gallo). L’un en bleu, notre granit de profondeur, long de 2,60 mètres et un autre de 2,2 mètres, celui-ci en gris, cette pierre superbe des boules de surface qui, autrefois, parsemaient nos champs. J’ai payé 470 euros pour ces deux superbes morceaux qui doivent bien peser dans les 700 kg et je suis bien heureux de les poser pour restaurer, comme elle le mérite, cette vieille longère.


Sans même s’être renseigné des prix, tout le monde raconte que le granit est cher ; même les architectes de Bretagne le destinent bien rarement aux maisons neuves et dissuadent leurs clients d’en acheter. Par là même, ils font offense aux granitiers et à la beauté de la pierre, à son éternité, à la noblesse de ce matériau et au picaoü lui-même !


Alors, à ma façon, sur un blog qui porte le nom de cette ville autrefois capitale du granit, j’ai voulu rendre hommage et à la pierre éternelle, à la sueur de mes ancêtres et des quelques courageux qui œuvrent encore dans la région et triment à trouver du travail.

Si donc vous vous décidez pour une belle grande pierre de banc, une cheminée en vrai granit, des angles d’ouverture, des cintres, du dallage, une porte ronde à l'ancienne… que sais-je ! je vous conseille cette humble carrière du Gendril en Mellé (35420) (02 99 98 03 80).

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