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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 06:14

 

 

La Libération de Paris je l’ai appris… j’étais restée toute seule dans la pièce à Thérèse B…, qu’était la responsable… elle était professeur d’anglais à Fougères, c’est elle qui s’occupait pour les parachutages de recevoir les messages et tout ça ! Avec son chauffeur qu’était F… Il y avait une pièce, là… il y avait 2 chalits et une table, c’est tout… (les chalis, c’est simplement du bois et une paillasse dessus… ils appelaient ça comme ça !)

Tout le monde était parti à ses occupations et moi j’étais de garde là. Elle avait un poste à galène aussi…

 

C’est là que j’ai entendu la Libération de Paris !

 

Janine


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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 10:19

 

 

 

"Je me rappelle, je montais la garde à Rocabay à Saint Malô. Il y avait encore un bar sur la place de Rocabay. Je rentre prendre un coup : moi j’étais habillé avec un casquette de laine  américaine, un caoutchouc, vu ma grande taille porte à bas... une bande de mitrailleuse alentour… – il n’y avait plus de balles dedans –  qui me servait de ceinturon. C’était comme ça ! Je rentre prendre un rouge au bar : il y avait un type qui était habillé, tenue militaire aussi. Que je ne connaissais pas, il buvait un coup. Il n’en rentre une aut’e : il avait une mitraillette Stent sous son grand caoutchouc. L’autre il se détournit,…. Il le descend froidement et il s’en va !

Moi je finis de boire mon verre et je me n’allis aussi. Et je n’en caussis pas, parce que dans les affaires comme ça… les règlements de compte c’était assez courant. Ça dev’nait pas rigolo !

V’là ce que j’ai connu ! C’était comme de tondre les bonnes femmes… tout ça… ! A partir du moment où tout le monde vieut faire la loi… mais c’était comme ça ! Il a été un moment, c’était pas joyeux !

Mais attention ! Des gens qui faisaient la loi, souvent… ils avaient beaucoup à se reprocher ! "

 

 

                                       Amédée

 

 

 


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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 05:50

 

 

A cette époque-là, que j’étais ouvreuse au cinéma…

St Hilaire, Mortain, Fougères… tout ça ayant été bombardé, on avait de la clientèle qui venait de partout. C’était retenu d’une semaine pour l’autre.

A ce moment-là, la sécurité on ne s’en occupait pas beaucoup : à l’entracte, on allait chercher des sièges aux cafès Nicolas et chez Bossé. Mais fallait bien qu’on les repporte à la fin et qu’on rentre chez nous après le couvre feu.

…Parce que, Dame* ! Je partais trop tard pour rentrer chez moi… Si j’entendais une voiture sur la route, à ce moment-là il n’y avait pas de trottoir, j’ai vu faire du plat ventre dans la rigole, heureusement que c’était pas mouillé !

 

 

                                                           Janine

 

 

 

*Dame : Expression qui revient régulièrement dans le langage courant du pays Gallo. Aujourd'hui encore très employée.

 

 

 


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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 07:38

 

 

 

 

J’ai commencé à travailler à la Beurrière en 42. Un de mes premiers pas dans la profession, c’est à ce moment-là ; c’était la guerre, on travaillait… l’entreprise travaillait pour les « Todt*», pour faire la base sous-marine de Lorient et puis le Mur de l’Atlantique. A ce moment-là tout le monde travaillait pour eux.

J’ai travaillé à la Beurrière quelques années et après la guerre, on s’est mis artisan, mon père et moi. On a ouvert une carrière à la Servannière, à côté de la Beurrière. C’est là qu’on a commencé nos premiers pas d’artisanat. Comme il y avait tellement de boulot après la guerre…

 

                                                           Léandre

 

 

* Organisation Todt : corps paramilitaire créé en 1938 et chargé de l’exécution des grands travaux ( autoroutes, ligne Siegfried, mur de l’atlantique etc.)

 

 


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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 05:39

 

 

 

 

A l’époque, on avait nous ce qu’ils appelaient un fronton qui montait dans le grenier, par derrière dans le jardin, il y avait une échelle qu’était tout le temps plantée là. Et la nuit quand ils partaient en expédition et qu’ils rentraient… Ils traversaient les champs…, ils montaient coucher dans le grenier chez nous.

Ils avaient fait sauter les poteaux téléphoniques, et puis tout ça !

… enfin nous on avait la charge avec les bidons à huile d’électricité, de bien laisser noircir nos casseroles, pour frotter les bidons avec du noir : ils mettaient la poudre là-dedans. Et puis donc, on était chargé d’acheter des tapettes à rats - comme on pouvait pour ne pas se faire trop remarquer - il y avait des pointes et des ficelles et ils installaient leurs trucs...

Les tapettes servaient de détonateurs, c’était toute une installation ! Et ça on avait bien la recommandation de ne pas nettoyer nos casseroles, hein !

Et là, ils l’avaient mise dans la côte de la Guinchère, cette nuit-là… avec la ficelle et les pointes sur la rigole, parce qu’il y avait un convoi qui était annoncé qui venait de Fougères.  Et puis tout d’un coup le camion est arrivé, il a sauté sur la mine qu’ils avaient installée là.

 

 

                                                           Janine

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 07:12

 

 

 

 

 

Il y avait quatre pièces de canon de 155 long dans la cour. Et ils apprenaient à régler ça. Mais nous à la récréation on jouait au travers ça ! On jouait au travers les canons. On n'en faisait pas de cas…Et un bout de temps, ils avaient mis aussi des camions dans la cour et on leur faisait des farces, on faisait marcher les essuie-glace. En douce. On arrivait à monter. Les batteries évidemment… on s'est fait gronder.

 

 

Auguste

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 05:48

 

 

 

 

 

Les bombes

 

Il y avait à ce moment-là un vieux camion qui avait été bombardé par les Anglais ou les Américains et à chaque fois qu'il venait un avion, ils le voyaient. Il a été mitraillé souvent. Du haut ils ne voyaient pas s'il était neuf ou s'il était vieux…

…Et moi j'étais chez ma mère en bas. On avait ramassé les verres pour ne pas qu'ils soient bombardés. On les avait mis dans le poulailler. C'était tout à fait ce qu'il fallait ! Les avions ont piqué…On était sous l'escalier et toutes les douilles tombaient sur l'escalier… Ma tante était folle.

 

Raymonde

 

Les évadés

 

Il y en a qui se sont sauvés de l'armée. Je me rappelle de M. S... Il était mobilisé. Il a trouvé quelqu'un qui lui a prêté un costume. Mes parents habitaient à côté d'eux à ce moment-là… Quand on l'a vu arriver personne ne l'a reconnu ! Il avait un costume rose !

Et j'avais un oncle qu'avait été déporté à Rennes, le père Léon… Eh ben lui, comme il n'avait pas de godasses - il' n'avait plus ! - ils donnaient des sabots… mais il'n avait un petit et un grand ! Alors le p'tit sabot il ne pouvait pas marcher avec, il boitait… Eh ben! Ils ont dit celui-là, il est malade, on le renvoie.

Il est revenu comme ça !

 

 

Raymonde

 

 

 

 


 

  

 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 06:25

 

 

 

 

C'était deux Français - on m'a dit c'était deux Algériens - qui devaient s'enfuir… - alors est-ce que c'était pendant la débâcle ? C'était après… ? Des évadés ? je n'en sais rien. Ils sont arrivés un soir à la Choletais. Ah ! Evidemment, personne n'en a parlé… mais… moi, j'avais 3 ou 4 ans, j'étais au courant. Je ne sais pas comment. Ma sœur qu'avait 5 ans de plus était au courant aussi. On  discutait entre nous… Les adultes n'en parlaient pas ! Il fallait surtout pas qu'on soit au courant mais on y était quand même !

Ils sont arrivés, je crois, dans l'après-midi. Visiblement ils cherchaient à fuir. C'était quand même l'armée Française, alors qu'on était occupé par l'armée Allemande,  ils ont été accueillis. Ils ont mangé. Ils ont passé la nuit dans une grange sans doute… Le lendemain matin, il n'y avait plus personne… Mais ils ont eu du pain, ils ont emporté de la viande, du cochon ? Je ne sais pas - on avait que du cochon, mais comme c'était des Musulmans sans doute… (?) Enfin ils sont partis, et ça m'est resté, parce que personne n'en parlait - surtout pas ! - et tout le monde était au courant !

Enfin, à la Choletais, il n'y avait qu'une ferme, pas de voisin ni rien ! Et c'est pas sur le bord de la route…

 

Pierre

 

 

 


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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 14:23

 

 

 

 

 

 

J’avais 20 ans en 39. J’avais passé le Conseil de Révision, donc on m’a appelé fin octobre, début novembre. J’étais affecté à Angers, au 1er Hussard. C’était un régiment de Cavalerie mais qui… devenait motorisé. Donc... on devait avoir des motos, tout ça. J’ai vu, dans cette période-là… c’est que les chevaux qu’on réquisitionnait – comme j’étais à la perception de Louvigné, je sais combien on en a réquisitionné dans le canton de Louvigné  : environ 1200... – qu’ils emmenaient dans les casernes. Alors… à Angers, il y avait des remises pour les chevaux, mais quand il t’arrive  1000 ou 1200 chevaux et que t’as seulement pas où en mettre 300, bein les autres ils étaient devant, ils les attachaient aux arbres. Tous les matins il y en avait trois ou quatre de crevés. Parce que… fallait leur apporter de la paille et du foin, mais des fois il y en avait pas, donc ils restaient là...  Ceux qu’étaient attachés auprès des arbres, ils rongeaient l’écorce… voilà. Alors tous les matins, ceux qu’étaient affectés à ça… ils ramassaient les crottes mais il fallait aller chercher des camions pour les transporter, pour les encaver quelque part...

 

 

Louis

 

 

 

 


 

 

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 06:54

 

 

 

 

 

— Il y avait des femmes aussi. Des femmes Allemandes d'un mètre soixante dix, un mètre quatre-vingts…

 

— "Les souris grises", on les appelait comme ça ! Et le hasard a voulu… j'ai fait mon service militaire en Allemagne, deux ans. J'étais secrétaire du bureau de la place et dans le bureau d'à côté c'était une ancienne "souris grise". Elle parlait parfaitement le Français d'ailleurs.

 

        Ils parlaient beaucoup Français!

 

— C'était le personnel féminin. Elle avait une tenue grise, c'est pour cela qu'on les appelait…(souris grises) et elle avait une jupe quand même, un beau tailleur…

Et c'est rigolo, la dame que je connaissais, elle s'est mariée avec un Allemand qui a fait 15 ans de légion … chez les Français.

 

Raymonde et Auguste

 

 

 


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